Spread the love

L’optimisme des bisounours

Je voulais vous partagez une réflexion sur le pessimisme que j’ai eu suite à une discussion avec une amie. Cette adolescente, encore à l’école, qui subit une pression morale importante. En effet, son enseignante démoralise toute sa classe en leur disant que ce sont de bons à rien. Puisqu’elle n’est pas directement visée, et même un peu effrayée, elle ne souhaite pas discuter directement avec cette prof. Je lui ai donc proposé d’écrire une lettre, signée par toute la classe, et de la transmettre à la direction. Elle en a parlé avec une amie et le lendemain, elle m’a dit que c’était sans espoir : apparemment, des parents se sont plaints de cette institutrice les années précédentes et la direction n’a pas agis. Cette jeune fille était donc pessimiste.

En plein dans mes recherches sur le développement personnel, je lui ai expliqué que, selon moi, il fallait tout essayer avant de s’assurer que c’était peine perdue. Ecrire une lettre, en parler à ses parents, peut-être faire signer cette lettre aux parents… Pourquoi pas discuter avec les élèves qui sont vraiment brimés par cette enseignante pour que leurs parents agissent, voir portent plainte… J’étais révoltée qu’une personne se défoule sur des jeunes, détruisant leurs confiances en eux, sans que personne ne fasse rien. Je lui ai expliqué qu’il fallait croire, affirmer fermement que la situation puisse être différente. Je lui ai parlé de pensées positives, de visions, d’actions justes par des convictions profondes, ce à quoi elle m’a répondu : « ouais… ça me semble être un peu un truc de bisounours… »

Le pessimiste français

Je risque de mettre les pieds dans le plat, mais les français sont connus, ou en tout cas caricaturé, comme des râleurs. Ils ne sont jamais contents, râlent tout le temps, font tout le temps la grève, bref, l’image même du pessimiste professionnel. Pourtant, la discussion que j’ai eue avec cette amie (qui est française), m’a fait réalisé quelque chose : est-ce que finalement, le français n’était pas pessimiste, mais plutôt… réaliste ?

Pour reprendre son histoire, selon elle, des parents ont déjà été se plaindre à la direction les années précédentes. L’enseignante se fait tiré les oreilles, se calme pendant un temps, et recommence à chaque fois sans que des mesures concrètes ne soient prises. Cela m’a refait penser à un cas extrême datant d’il y a deux ans, Marion, une petite fille de 13 ans qui s’est suicidée après avoir été harcelée à l’école, alors que tout l’établissement, corps enseignant compris, était au courant. Alors, est-ce que finalement, l’action d’une ou de quelques personnes n’est pas suffisante pour faire bouger les choses ? Est-ce que, à plus grande échelle, ça ne vaut pas la peine de se battre pour l’écologie, les droits des hommes et des animaux, une égalité et une équité du système parce que c’est trop tard et que les acteurs influents n’agissent que trop peu ?

Pourquoi est-on pessimiste ?

Selon Christophe André, psychiatre spécialisé sur l’optimisme, l’être humain a tendance à ne se focaliser que sur ce qui lui manque et ce qui le fait souffrir. Lorsqu’il a quelque chose qui le rend heureux, par exemple l’accès à l’eau potable s’il ne l’a jamais eu, il se sentira rempli de gratitude pendant un temps seulement. On appelle ça « l’habituation hédonique », le fait de s’habituer à une situation au point de la trouver normale et ne plus ressentir le bonheur que cela nous apporte.

Heureusement, il existe deux méthodes pour ne pas devenir pessimiste : une prise de conscience dû à une difficulté (lorsque ce que l’on possède nous est enlevé), soit par la sagesse (le développement personnel et la gratitude).

Selon le Dr André, nous ne sommes pas tous égaux en matière d’optimisme et d’espoir, trois facteurs pouvant l’influencer sans que cela ne soit forcément déterminant. Ces trois facteurs sont la génétique (certains sont plus fragiles que d’autres), l’épigénétique (l’influence extérieure dû aux événements de l’enfance), soit l’environnement social et les croyances qui en résulte. Dans chacune de ses situations, il est possible pour l’individu qui fait un travail sur lui-même de changer sa manière de voir les choses et de penser pour ne pas se laisser noyer par le négatif. Toujours selon le psychiatre, « si l’on a pas l’opportunité de ressentir régulièrement des petits moments de bonheur, on ne voit plus la vie que comme une succession de souffrances à l’issue de laquelle on meurt. C’est comme ça que les déprimés voient la vie : ils ne délirent pas, mais ne voient que les problèmes et ne distinguent plus les moments de pause, de plaisir » ».

Le pessimisme et le réalisme sont-ils du même ressort ?

Oui et non. Les pessimistes n’ont pas forcément tords, mais là où les optimistes cherchent une solution, les pessimistes se figent sur le problème. En se focalisant sur la difficulté, la personne aura tendance à baisser les bras et à ne rien faire. En revanche, l’optimiste (peut-être bisounours) va tout essayer pour débloquer la situation, commençant par les moyens conventionnels (pour reprendre le cas de mon amie en écrivant une lettre) puis par des moyens qui peut sembler moins conventionnels (discuter avec le directeur et l’enseignante pour exprimer sa souffrance et voir comment les choses pourraient être différentes). Si la solution ne saute pas aux yeux du premier coup, il peut être intéressant de réfléchir en inversant le problème : comment ça serait si la situation était parfaite ? En définissant clairement le point A et le point B, il sera plus facile de trouver le chemin de la solution.

Conclusion

Je ne sais pas encore comment mon amie va avancer dans cette épreuve, mais quoi qu’il en soit il est important pour moi de ne pas se laisser aller au pessimisme, surtout en cas de harcèlement moral. Rien ne justifie que l’on vous rabaisse, et vous ne devez certainement pas commencer à en faire de même. Le dialogue sain est la meilleure manière pour que chaque partie se fasse entendre, pourquoi pas avec l’aide d’un médiateur si la situation devient houleuse.

Si vous avez déjà vécu une situation similaire à celle présentée ou que vous aimeriez exprimer votre point de vue sur l’optimisme et le pessimiste, ce serait avec joie que je lirai vos commentaires qui seront sans doute très enrichissants !

 

 

Pour aller plus loin : un conte plein de sagesse sur l’estime de soi et sur sa valeur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

c13be968cc312413f879627e901d2df1MMMMMM
%d blogueurs aiment cette page :