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Le 3 décembre, c’est la journée mondiale de la personne handicapée. En Suisse, les personnes en situation de handicap représentent environ un million d’individu. Dans le monde, c’est 15% de la population qui est touchée par le handicap. Cette proportion est énorme, et pourtant, cette minorité est trop souvent encore maltraitée, mal jugée, dévalorisée ou ignorée.

D’un état d’intégration à celui d’inclusion

En Suisse, depuis 2002, la loi sur l’égalité pour les handicapés favorise une éducation adaptée aux besoins des jeunes en situation de handicap. Les cantons doivent encourager leur intégration dans l’école régulière, pour autant que cela soit possible et améliore les conditions du jeune handicapé. De plus en plus d’établissements d’enseignements spécialisés ont vu leurs élèves partir au profit de l’école régulière, au milieu d’enfants « ordinaires ».

L’Ecole cantonale pour enfants sourds a, pour exemple, fermé sa dernière classe dans le canton de Vaud en 2009. L’ECES est devenu un centre de référence pour la surdité. Son jardin d’enfants qui, lui aussi, est devenu de plus en plus inclusif, favorise l’accueil des enfants sourds et malentendants dans les garderies de leur région. L’Ecole cantonale pour enfants sourds aide également l’inclusion des enfants souffrant de toute sorte d’handicap, et plus seulement la surdité.

Est-ce pour autant la fin des établissements spécialisés pour enfants handicapés ?
Non, bien sur que non. Certains d’entre eux ont des pathologies lourdes qui nécessitent des prises en charge particulières que les enseignants en école ordinaires ne peuvent disposés, même avec l’appui d’enseignant spécialisé. Cependant, la démarche de l’Etat de passer de l’intégration, où les enfants handicapés étaient tous regroupés ensemble et étiquetés, à celui d’inclusion, où les enfants handicapés sont simplement considérés comme des enfants, est très bonne. Il est très important de ne pas laisser une particularité nous définir, que ce soit notre couleur de peau, un handicap, ou je ne sais quoi d’autre.

Entre égalité et équité

Ces deux termes proches peuvent être un peu flou par leur similarité. L’égalité, c’est l’absence de discrimination entre les êtres humains au niveau de leur droit. L’équité, c’est ce qu’on attribue à une personne pour atténuer un principe ou une rigueur qui empêche l’égalité d’une personne par rapport aux autres.

Par exemple, l’égalité, c’est qu’à travail égal il y ait un salaire égal. L’équité, c’est la rente qui permet de subvenir à ses besoins lorsque la personne ne peut pas travailler, de manière temporaire ou définitive. C’est un fauteuil roulant qui permettra à une personne qui n’a pas l’usage de ses jambes d’avancer. L’équité, c’est le petit coup de pouce qui fait la passerelle pour se rapprocher de l’égalité.

Or, si l’égalité est de plus en plus encouragée, l’équité se fait très discrète et est parfois pointée du doigt. Lorsqu’une personne bénéficie d’une rente à cause d’une incapacité de travail, elle est souvent catégorisée de « payée pour ne rien faire ». En France, la révision de la loi sur l’allocation adulte handicapé (AAH, équivalent de l’AI en Suisse) est un exemple du problème d’équité qu’une personne handicapée peut ressentir.
Certes, elle est au bénéfice d’une rente lorsqu’elle est incapable de travailler mais cette rente diminue lorsqu’elle vit en couple et que son partenaire gagne plus de 748 euros par mois. En sachant que l’AAH est de 900 euros par mois (le seuil de pauvreté en France est fixé à 1000 euros par mois), l’injustice est d’autant plus grande. Comme l’explique très bien Margot de la chaîne YouTube « Vivre Avec », la personne en situation de handicap sera d’autant plus stigmatisée de ne pas pouvoir vivre une relation de couple normale et d’être une charge pour la personne avec qui elle désire vivre, en sachant que ce dernier est lui aussi en dessous du seuil de pauvreté.

Être handicapé, malheureusement, c’est être considéré par beaucoup comme une charge, une charge de la société, une charge du conjoint, une charge de la famille. C’est typiquement dû au manque et au besoin d’équité que l’égalité entre être humains valides et invalides est remise en cause.

Pourquoi le handicap nous concerne TOUS

La maladie et le handicap sont connus, reconnus, et pourtant très souvent diminués voir niés. Voici quelques informations qui visent à faire comprendre que le handicap est une affaire qui concerne TOUT LE MONDE et pas uniquement ceux qui en souffrent :

  • La pauvreté mondiale et le handicap s’influencent l’un et l’autre. Dans les pays en développement, un pauvre sur cinq vit avec un handicap.
  • A cause des maladies chroniques modernes (diabète, cardiovasculaires, etc.) et des facteurs environnementaux (accident de la route, catastrophe naturelles), le nombre de personnes handicapées augmente chaque année.
  • Les personnes pauvres, âgées et les femmes sont plus susceptibles d’expérimenter le handicap. Les raisons principales sont le manque d’accès aux soins, des conditions de vie dangereuses ou insalubre, une fragilisation de la santé avec l’âge et des complications durant la grossesse ou la naissance (20 millions de femmes deviennent handicapées chaque année).
  • L’isolement social de la personne handicapée ou en souffrance est très fréquent. Selon SOS Amitié, en 2014, les trois premières raisons d’une tentative de suicide sont : l’isolement social, la dépression et la maladie physique.

Nous connaissons tous une personne souffrant de maladie et de handicap. Nous sommes tous soumis au risque de souffrir un jour de handicap.

Pour la journée mondiale de la personne handicapée, je vous invite, si vous êtes valide, à simplement sortir de chez vous et de vous promener. Demandez-vous : est-ce que ce restaurant, cette ruelle est accessible en fauteuil roulant ? Comment une personne atteinte de surdité ou de problèmes importants de la vue pourraient vivre votre journée ? Prenez en compte l’accessibilité ou le manque d’accessibilité autour de vous et posez-vous les bonnes questions : est-ce que, si un jour, vous deviez souffrir de handicap, pourriez-vous vivre facilement dans votre environnement actuel ? Et si non, que pourrait-on faire pour qu’il soit plus adapté ?

 

Sources et ressources : 
Handicap et développement 
ProInfirmis (Suisse)
Mon article sur le partage (et le proche aidant)

 


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